Produire ses cartes électroniques en France : c'est tout à fait possible
Des bons choix techniques dès la conception, une dose d'ingéniosité et un outil de production adapté permettent d'être compétitifs sur de nombreux segments — sans délocaliser. Retour d'expérience concret.
On sait de quoi on parle chez Codium. Plusieurs productions de cartes électroniques assurées dans notre atelier ont été rapatriées après des années de fabrication en Asie. Pas par idéologie, pas par hasard : parce que c'était possible techniquement, et rentable une fois les bons leviers actionnés.
Le coup de fil qui a tout déclenché
Il y a quelques années, en pleine pénurie de composants post-Covid, un grand groupe qui faisait fabriquer ses cartes en Inde depuis des années nous passe un coup de fil. Le ton n'est pas serein : leur fournisseur habituel vient de leur annoncer 52 semaines de délai. Avec une livraison à honorer dans quelques mois.
52 semaines, c'est la valeur que les ERP des fournisseurs de composants affichent quand ils n'ont aucune visibilité. Une façon polie de dire : on ne sait pas quand.
On récupère les BOM, les schémas, les fichiers de routage. Premier constat : tel quel, c'est effectivement compliqué — les composants en rupture sont mondialement épuisés, pas de raison qu'on soit mieux servis. Mais en fouillant la BOM ligne par ligne, on identifie rapidement les coupables : quelques références problématiques qui obligent à revoir partiellement le routage. Pas une catastrophe. Une opportunité, plutôt.
Challenge accepté.
Les 8 leviers qui ont rendu ça possible
Cette carte n'était pas conçue pour être optimisée. Elle avait été pensée pour fonctionner, pas pour être produite efficacement. En remettant le nez dedans avec notre double casquette BE + production, on a trouvé des marges partout :
- Remplacement des composants critiques — Équivalents en stock avec de meilleures disponibilités et des délais standards. Travail de sourcing sérieux, mais faisable.
- Réduction drastique du nombre de références — Mutualisation des boîtiers et des valeurs proches. Moins de bobines différentes à monter sur la machine = moins de temps de réglage = coût de production inférieur. On peut faire ça parce qu'on a le BE en interne.
- Remplacement de composants non-critiques par des variantes moins chères — Certaines références n'étaient pas en rupture mais surdimensionnées. Une passe d'optimisation sur ces composants donne des gains supplémentaires sans compromettre la fonction.
- Suppression de tous les composants traversants — Un montage CMS 100% évite le passage en brasage vague ou le montage manuel. Sur des volumes moyens, c'est un gain de temps et de coût significatif.
- Passage en simple face — La carte était double face alors que le nombre de composants tenait parfaitement en simple face compte tenu de la surface disponible et des contraintes CEM/vitesse. Un passage supplémentaire sur la ligne de production en moins.
- Passage de 4 à 2 couches — La carte originale était routée en 4 couches. Après analyse, tout passait très bien en 2 couches en routant soigneusement. Résultat : −25% sur le prix du PCB. Il faut savoir router, c'est tout.
- Ajout de points de test — Pour rendre la carte compatible avec notre banc de test automatisé (lit à clous). On automatise le contrôle en production, ce qui réduit les temps de test et améliore la couverture qualité.
- Pannelisation — Plusieurs cartes câblées en même temps dans un même panneau. Gain direct sur le temps de passage machine et sur la manutention.
Bout à bout, tous ces leviers additionnés ont permis d'atteindre l'objectif de prix. En 2022, on décroche la production. On l'assure encore aujourd'hui.
Ce qui a changé ensuite
Ce succès initial a ouvert la porte à d'autres rapatriements pour ce même client. Chacun a nécessité une passe d'optimisation similaire — pas toujours les mêmes leviers, mais la même logique. Et aujourd'hui, ce client nous consulte directement pour ses nouvelles productions, dès la phase de conception, pensées dès le départ pour être fabriquées en France.
Bénéfices qu'il cite régulièrement : moins d'imprévus, moins de problèmes qualité, et surtout beaucoup moins de coût de management d'équipes à distance. Le fait que le bureau d'études et la ligne de production soient sous le même toit lui évite une quantité considérable d'allers-retours, de malentendus et de délais perdus.
- Oui, fabriquer en France est possible — sur de nombreux segments et jusqu'à quelques dizaines de milliers de cartes par an
- Non, ce n'est pas magique : il faut optimiser la carte dès la conception pour la série
- L'association BE + production sous le même toit est le facteur clé — les optimisations sont identifiées par ceux qui savent ce que ça coûte à produire
- La résilience supply chain, la qualité et la réactivité sont des arguments réels, pas juste un discours
Chez Codium, c'est dans l'ADN : on optimise, on automatise. Une prod bien automatisée n'a pas de raison d'être plus chère que ce qui sort d'Asie — surtout quand on intègre les vrais coûts cachés (transport, stocks de sécurité, gestion à distance, risques qualité).
Vous avez une carte électronique produite en Asie et vous vous demandez si une relocalisation est envisageable ? Parlez-nous en — on jette un œil à la BOM sans engagement.
📷 Photo : Vishnu Mohanan via Unsplash — PCB circuit imprimé nu finition ENIG or.
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